Dual n back : améliorer simplement sa mémoire

Dual n back : améliorer simplement sa mémoire

“Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire.” – Nieztsche
L’intelligence est-elle figée ?
Votre mémoire peut-elle être entraînée ?
Comment le dual n back peut-il répondre à ces questions ?

Bien le bonjour du Labo ! 🔬

Aujourd’hui, nous allons nous pencher à nouveau sur la mémoire ! Cet article fait suite à notre précédent article “La mémoire : à la découverte de la cognition“. Après un tour d’horizon des différents types de mémoires, il est temps de se pencher sur les moyens d’améliorer celles-ci. Nous sommes là pour ça après tout ! Nous vous présentons donc dans cet article le dual n back, un moyen simple, ludique et gratuit de booster sa mémoire de travail.

On vous dit tout !

Bonne lecture ! 🙃

LA MÉMOIRE DE TRAVAIL ? À QUOI ÇA SERT ?

La mémoire de travail peut être considérée comme votre mémoire à court terme. Vous vous en servez au quotidien pour retenir des informations telles qu’un numéro de téléphone, une liste de courses, un rendez vous à prendre etc…

Cette mémoire est donc utile en permanence et nous a tous un jour fait défaut. En effet, la mémoire à court terme est facilement surchargée. Ainsi, celle-ci ne peut retenir qu’un nombre limité d’items en même temps. Les avis divergent dans la communauté scientifique. Selon Nelson Cowan, auteur d’un modèle d’étude de la mémoire de travail (modèle de Cowan), la capacité de mémorisation d’un jeune adulte serait de 3 à 5 items en simultanés. Selon l’Inserm, cette capacité varierait plutôt de 5 à 9 items. En réalité, le nombre exact importe peu pour nous, l’important est de savoir que notre mémoire de travail est très limitée et qu’on ne peut y stocker environ qu’une demi douzaine d’informations en même temps.

Si vous oubliez d’acheter du céleri pour votre soupe du jour, ce défaut de mémoire de travail ne vous portera pas spécialement préjudice. En revanche, si vous êtes confrontés à des tâches demandant d’importantes ressources cognitives, au travail notamment, il est tout à fait possible que votre mémoire sature.
Vous entrerez alors dans un état de surcharge cognitive (Cognitive Load Theory) qui aboutira à un échec de la tâche ou de la mémorisation.
Le but est donc d’éviter cette surcharge cognitive.

Facile me direz-vous mais comment faire ?

Et bien il y a deux façons complémentaires de procéder. Simplifier la tâche et améliorer sa mémoire de travail.

Dans cet article, nous nous concentrons sur la manière de booster sa mémoire à court terme et notamment sur une technique en particulier : le dual n back.

LE DUAL N BACK, QUELLE EST CETTE SORCELLERIE ?

Oubliez les incantations vaudoues ou tout type de magie pour développer votre mémoire, la seule manière de l’améliorer passe par un entraînement. Et le dual n back est un moyen plutôt ludique de y arriver ! Il s’agit d’un logiciel gratuit sur PC ou Mac. Nous utilisons “Brain Workshop” (compatible PC, Mac et Linux) mais il en existe plusieurs. Vous pouvez télécharger Brain Workshop en cliquant sur le lien ci dessus !

But du jeu 🎮

Vous êtes face à un carré divisé lui-même en 9 carrés. Deux stimuli vont vous parvenir au même moment.

  1. Un stimulus visuel : l’un des 9 carrés va se colorer.
  2. Un stimulus auditif : vous entendrez une voix prononçant une lettre (exemple “p”).

Ces stimuli vont s’enchaîner. Le but du jeu est de déterminer si un stimulus est le même que le précédent.

dual n back dual n back

Voici donc deux captures d’écran successives au moment ou le stimulus nous parvient. Comme le carré de droite apparaît au même endroit, vous appuyez sur la touche “A” ou “clic gauche” (même procédé avec “L” ou “clic droit” pour les sons)

dual n backdual n back

En revanche, dans ce cas la, les carrés n’apparaissent pas successivement au même endroit. Vous n’appuyez donc pas sur “a”.

L’explication semble peut être un peu compliquée mais le concept est très intuitif.

À quoi ça sert ? 🤔

Vous l’aurez compris, ce jeu vous fait stocker dans votre mémoire de travail les stimuli visuel et auditif à un instant t et vous demande à un instant t+1 si les stimuli sont identiques. Vous devez donc à chaque fois retenir la combinaison précédente, pour la faire correspondre à la combinaison actuelle et l’actuelle pour la faire correspondre avec la future.

Par conséquent la mémoire de travail est rudement mise à l’épreuve ! Plus cela vous semblera dur, plus il faudra redoubler d’efforts.

Prenez cet entraînement de la même manière qu’une séance sportive : “Ça fait mal mais ça fait du bien !” (n’y voyez là aucun sous entendu 😱).

Si le dual n back vous semble trop compliqué, vous pouvez également faire du n back (même jeu mais avec un seul stimulus (visuel ou auditif) au lieu de deux).

Selon une étude de Susanne M. Jaeggi, les tâches de n back ou dual n back améliorent significativement la mémoire de travail par rapport à une absence d’entraînement. Par ailleurs, à l’instar du sport, des séances régulières ont un impact beaucoup plus élevé que des séances sans suivi.

Introduction à la notion de “n”

Avec de l’entraînement, vous souvenir de la combinaison précédente vous paraîtra être un jeu d’enfant. C’est à ce moment que la notion de “n” intervient (rire sournois 🤓). Et oui jusqu’à maintenant nous vous présentions du dual back, voici donc le dual n back !

Le N correspond au nombre d’occurrences que vous devez retenir. Prenons à l’instant t, la combinaison (lettre/visuel) que vous voyez/entendez, t-1 sera la précédente et t+1 la suivante.

Explications :

  • Si votre n vaut 1 (ce que nous avons expliqué précédemment), vous devez retenir 2 occurrences (la précédente ou t-1 et l’actuelle, t).
  • Si votre n vaut 2, vous devez retenir non pas la combinaison précédente mais celle encore avant. Vous devrez donc retenir trois occurrences (t-2, t-1 et t !). Vous ferez donc matcher t-2 avec t et t-1 avec t+1 etc…
  • Si votre n vaut 3, vous devrez retenir quatre occurrences (t-3, t-2, t-1 et t). Vous ferez donc matcher t-3 avec t, t-2 avec t+1 et t-1 avec t+2 etc…

Encore une fois, cette notion peut sembler très abstraite sur le papier mais elle est intuitive sur le jeu.
Plus votre n sera grand, plus vous devrez retenir d’items et donc plus votre mémoire de travail sera mise à l’épreuve.

Rassurez-vous, vous commencerez à n=1 et vous passerez au niveau supérieur une fois que vous maîtriserez bien le niveau actuel !

Enfin, l’équipe de Jaeggi a montré que monter en niveau n’était pas forcément plus efficace pour améliorer sa mémoire de travail. Le gain de niveau représente donc simplement la progression de la capacité de votre mémoire.

Mon exemple :

J’ai (Nicolas) suivi un entraînement de dual n back sur 19 jours à raison de 20 minutes par jour il y a environ 1 an. J’ai recensé mes résultats. Vous le voyez, j’ai commencé entre 1 et 2 pour finir entre 5 et 6 !

dual n back progressionJ’ai eu du mal à comprendre le principe au début, mais une fois lancé j’ai bien aimé faire mes petites séances quotidiennes et observer ma progression.
Durant cette période j’ai senti comme une acuité supplémentaire (probablement due aussi à un effet placebo) qui a duré quelques temps après avoir fini mon entraînement. En revanche, n’ayant pas pratiqué depuis, ma mémoire de travail n’est plus ce qu’elle était l’année dernière.

Il est donc important de pratiquer assez régulièrement. Une vingtaine de séances sera suffisante pour améliorer drastiquement votre mémoire de travail, mais ces résultats s’estomperont si vous arrêtez de pratiquer comme je l’ai fait (honte à moi).

CONCLUSION

Nous avons dit en début d’article que la mémoire de travail permettait de stocker en moyenne environ 7 items différents.

Voici un petit tableau récapitulatif du nombre d’item à mémoriser en fonction du n.

dual n back items

Vous voyez donc à quel point retenir un numéro de téléphone (5 items) vous semblera facile après une séance intensive de dual n back !

Encore une fois, il est normal que la notion de n semble peu claire sur le papier, vous aurez bien plus rapidement compris après 10 minutes sur le logiciel !

Nous attendons avec impatience vos résultats en commentaire !

On l’a testé, pourquoi pas vous ? 🙃

BIBLIOGRAPHIE

Mémoire Une affaire de plasticité synaptique – Francis Eustache pour l’Inserm, 2014

Evolving conceptions of memory storage, selective attention, and their mutual constraints within the human information-processing system – N. Cowan, 1988

How Is Working Memory Capacity Limited, and Why? – N. Cowan, 2010

Cognitive Load Theory – John Sweller, Paul Ayres, Slava Kalyuga,

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