Flow : la clef de l’accomplissement

Flow : la clef de l’accomplissement

Vous êtes vous déjà senti à fond dans une activité ?
Avez-vous déjà eu ce sentiment de plénitude lorsque vous relevez un défi ?
Comment cet état de flow s’atteint-il au quotidien ?

Bien le bonjour du Labo ! 🔬

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour vous parler d’un état que nous aimerions rencontrer plus souvent :  l’état de flow. Non il ne s’agit pas d’une province des USA mais bien d’un état mental 🤪 ! Alors, le flow, qu’est ce que c’est ? Il s’agit globalement d’un état d’esprit dans lequel vous vous sentez parfaitement bien, où votre concentration, votre productivité et votre motivation sont au maximum. Naturellement, ces sensations nous procurent un bien-être intense et un sentiment d’accomplissement associé.

Nous allons donc dans cet article découvrir comment cet état se définit, de quelle manière l’atteindre et enfin  observer pourquoi le flow se manifeste relativement peu dans notre quotidien.

En espérant que notre flow de paroliers fasse honneur à nos propos

Bonne lecture 🙃

LE FLOW  DE QUOI S’AGIT-IL ?

Aujourd’hui, c’est journée bricolage pour Gontrand. Celui-ci est entrain de dessiner les plan de la table qu’il va installer lui même dans sous sa véranda. Notre ami Gontrand est extrêmement concentré et se focalise sur la justesse de ses mesures. Celui-ci est particulièrement motivé ! Il se sent utile, efficace et a l’impression d’abattre une charge de travail importante : son meuble avance et il en est fier. Il entend à peine son fils Barnabé qui lui propose un coup de main tant il est “dans son truc”. Une fois sa table installée, une sensation de bien être envahit Gontrand.

Vous l’avez compris, notre brave homme a vécu une expérience de flow. Celle ci se caractérise notamment par une concentration et une productivité accrues ainsi qu’une détermination à toute épreuve. Ce mécanisme a été étudié par de nombreux chercheurs en psychologie avec en tête de file Mihály Csíkszentmihályi, psychologue hongrois ayant qualifié pour la première fois cet état mental de “flow”.

Dans un article publié en 2002, Nakamura et Csíkszentmihályi proposent 6 caractéristiques inhérentes au flow :

  1. Concentration intense focalisée sur l’objet et le moment présent. Le sujet ne prêtera absolument pas attention à son environnement.
  2. Disparition de la distance entre le sujet et l’objet. La personne ne fait qu’un avec son activité. Son niveau d’accomplissement est tel qu’un outil deviendra par exemple une “extension de lui”
  3. Perte du sentiment de conscience de soi. Pendant une courte période, l’individu est tellement absorbé qu’il “s’oublie” lui même
  4. Sensation de contrôle et de puissance sur l’activité ou la situation.
  5. Distorsion de la perception du temps. Le temps passe vite quand on s’amuse après tout 🤗.
  6. L’activité est en soi source de satisfaction. Pas de flow sans accomplissement personnel.

Il existe donc un état de productivité et de plénitude ultime, mais comment être sûrs que nous sommes en état de flow ?

Heutte et Fenouillet (2010) proposent de mesurer l’état de flow en se préoccupant de 4 dimensions (directement inspirées des 6 caractéristiques présentées précédemment.

  • D1 : l’absorption cognitive => Vous êtes complètement pris par votre activité
  • D2 : la perception altérée du temps
  • D3 : la dilatation de l’ego => Vous ne vous préoccupez pas de ce que l’on peut dire ou penser de vous à un instant t
  • D4 : le bien-être

Ces 4 dimensions ont permis de réaliser une échelle permettant de qualifier cet état.

COMMENT ATTEINDRE CET ÉTAT ?

Il n’y a pas de recette miracle. Néanmoins, il est nécessaire de pratiquer une activité qui vous stimule dans un lieu propice à la concentration. Contrairement aux idées reçues, le flow s’exprime majoritairement au travail. Dans un article pour le magazine américain Psychology Today, Csikszentmihalyi, explique que le travail est en effet un environnement propice à l’expérience du flow. En effet, la présence d’un objectif précis (souvent inhérent au travail) ainsi que de challenges (souvent temporels) facilitent l’arrivée du flow. De plus, les tâches liées au travail nécessitent souvent la mise en avance de compétences spécifique à l’individu pour les réussir correctement. C’est donc cette pression positive qui favorise ainsi l’état de flow.

Il est également possible d’atteindre le flow lors d’activités personnelles. En effet, la musique (d’où l’expression de “flow musical” décrite par de nombreux rappeurs/chanteurs), le sport ou même les jeux vidéos sont des activités propices à celui-ci car elles sont gourmandes en ressources cognitives tout en étant agréables à pratiquer (du moins du point de vue de ceux qui pratiquent ces activités) avec des challenges et un fort taux de récompense dès leur succès (qu’il s’agisse de gagner une partie en sport/jeux vidéos ou de réussir à jouer un nouveau morceau par exemple).

La théorie du flow représente un pan entier des études en psychologie positive. L’atteindre peut donc être considéré comme une notion d’accomplissement dans une activité. C’est à ce moment là que vous vous transcendez pour donner le meilleur de vous même et… ça fait du bien ! La sensation de bien-être est très puissante. Chercher cet état de flow dans votre travail ou vos activités peut être un objectif en soi.

Un paradoxe entre sensation et prise de décision

Néanmoins, il est paradoxal de noter que la population ne cherche pas toujours à atteindre le flow. En effet, dans le même article pour Psychology Today, Csikszentmihalyi explique qu’il a étudié l’expérience de flow sur une population d’adolescents. Ceux-ci l’ont expérimenté environ 13% du temps où ils ont regardé la télévision, 34% du temps où ils pratiquaient leurs activités personnelles et 44% du temps où ils jouaient/faisaient du sport. Or, ces étudiants passent en moyenne 4 fois plus de temps devant la télé qu’à faire du sport par exemple ! Il est donc paradoxal de voir qu’un individu ne va pas forcément se tourner vers l’activité qui lui fait le plus de bien sur le plan psychologique.

Pourquoi ?

Comme nous l’avons dit, l’une des composantes du flow est l’absorption dans une tâche. Or, cela demande un certain effort (le sport notamment 😅), de se lancer dans une tâche gourmande en énergie, de se focaliser dessus, de se donner le temps de la concentration… Ainsi, notre cerveau préfère souvent aller au plus facile vers des activités demandant peu d’implication (comme la télévision) mais peu gratifiantes sur le long terme.

QUELLES CONCLUSIONS TIRER DE TOUT CELA ?

Dans un premier temps, même s’il est bon de s’accorder des moments procrastination, il est important de remplir son temps libre avec des activités enrichissantes. Même s’il est parfois dur de s’y mettre, atteindre cet état de flow vous récompensera de votre persévérance et le bien-être engendré vaudra largement l’effort investi et votre corps entier vous remerciera.

De plus, le flow peut s’atteindre par n’importe quelle activité qui vous stimule. Si votre collection de timbres vous passionne et que vous pouvez rester concentrés dessus sans voir le temps passer, la sensation de bien-être sera la même. Trouvez-vous donc une activité et des objectifs qui vous correspondent plutôt que de vous lancer dans n’importe quel sport en vous “forçant” (nous vous conseillons tout de même de vous forcer un peu mais bon, chacun ses goûts).

Il est également pertinent de parler de vos projets dans cette section. En effet, puisque ce blog a pour vocation de vous soutenir dans ceux-ci, sachez qu’ils sont évidemment propices à l’expérience du flow. Stimulation, challenge, motivation… Tout y est ! Une raison de plus de se lancer !

Enfin, il est important de ne pas pratiquer une activité dans le seul et unique intérêt de trouver le flow. L’important est que vous sentiez ce bien-être qui vous incitera à vous dépasser. Il ne s’agit donc pas un but mais une finalité.

Et les autres dans tout ça ?

Activités et travail sont souvent sources d’interactions sociales… Et c’est tant mieux ! Le flow peut en effet s’exprimer collectivement. Qu’il s’agisse de l’exploit sportif de votre équipe préférée qui s’est transcendée pour arracher une victoire (merci Olivier Giroud 😍) ou d’une cohésion parfaite le temps d’un brainstorming avec votre groupe de travail, le principe est le même : le flow peut se vivre à plusieurs.

Joceran Borderie a publié une étude en 2015 visant à qualifier ce “team flow”.  Celui-ci a étudié la coopération entre des joueurs du jeu League Of Legend ou Resident Evil 5. Grâce à leurs témoignages, Borderie a pu définir plus précisément la notion de team flow.

Team Flow
Les caractéristiques du team flow selon Borderie dans son article Le Team Flow : expérience optimale de coopération.

 

Sachez qu’il est donc possible de s’épanouir en équipe au travail (ou dans une activité) ! Csikszentmihalyi maintient que certains paramètres peuvent favoriser le team flow :

  • Un lieu laissant place à la créativité
  • Des objectifs communs au sein de l’équipe
  • Une organisation commune bien rodée
  • Laisser libre cours à sa créativité
  • Récompenser les progrès, ressentir l’avancement du projet (prototypage par exemple)
  • Tirer profit des différences entre les différents membres de l’équipe

 

LE MOT DE LA FIN

Pour conclure, le flow représente le stade ultime de productivité, d’efficacité et de détermination lors d’une activité (personnelle ou professionnelle). Cet état se caractérise notamment par une sensation de bien-être qui nous apporte beaucoup. Atteindre le flow n’est pas un but mais une finalité. Néanmoins, cela demande un certain effort et nécessite de passer outre l’envie initiale de procrastiner. Enfin, celui-ci peut s’expérimenter seul ou en groupe. Vous pouvez donc essayer de favoriser cet état notamment au travail ou chez vous de manière à vous accomplir et vous épanouir davantage !

BIBLIOGRAPHIE

Le Team Flow : expérience optimale de coopération – J. Borderie, 2015

Finding Flow – Mihaly Csikszentmihalyi, 1975 pour Psychology Today

The concept of flow – Csikszentmihalyi & Nakamura, 2002

Toward a Psychology of Optimal Experience – Csikszentmihalyi, 2014

Beyond Boredom and Anxiety – Csikszentmihalyi, 1975


C’est tout pour aujourd’hui. Nous espérons que cet article vous aidera à trouver le flow et à vous épanouir au maximum dans vos activités ! Vous pouvez aussi nous donner votre avis en commentaire ou simplement nous envoyer un message, nous nous ferons un plaisir de vous répondre ! Vous pouvez également nous contacter sur les réseaux sociaux :

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Sarah & Nicolas

 

 

 

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Cet article a 2 commentaires

  1. Excellent article, il est vrai qu’on a souvent du mal a se mettre à une tâche énergivore, même si elle nous passionne et pourtant c’est tellement agréable !

    1. Bonjour Carine,
      ça marche pour tout (sport, habitudes alimentaires, activités), le plus dur c’est de s’y mettre, mais une fois que l’on a changé ses habitudes, tout devient plus facile !
      À bientôt !
      Nicolas de Labo Sciences Co’

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