Sport, bienfaits & motivation

Sport, bienfaits & motivation

Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre.” – Pierre de Coubertin

Bien le bonjour du labo ! 🔬

Nous rédigeons cet article sur les bienfaits psychologiques du sport suite à l’évènement inter-blogueurs de Sophie Aynaud intitulé : “Le sport : a-t-il des bienfaits uniquement physiques”. Il s’agit d’un regroupement d’articles de plusieurs blogueurs autour d’une thématique commune ! N’hésitez pas également à visiter son blog pour un contenu axé fitness, nutrition et inspiration !

Le sport… Passé l’excitation des premières séances, notre motivation est mise à rude épreuve. Lorsque l’on vient à se demander si oui ou non, nous devons aller à la salle de sport ou à notre cours de Zumba hebdomadaire, le premier ressenti qui nous vient en tête est un énorme sentiment de flemme ! Nous pensons à combien notre séance sera rude, aux courbatures qui nous empêcheront de marcher sans douleur le lendemain, au trajet que l’on doit effectuer pour nous rendre sur notre lieu de pratique …

En somme, nous nous cherchons tout un tas d’excuses qui nous font passer à côté de l’élément le plus motivant et plaisant : le bien-être que l’on a à la fin de notre séance de sport !

Et c’est grâce à notre cerveau que nous ressentons ce sentiment de plénitude et d’accomplissement.

En effet, les hormones du bonheur sont produites dans notre système limbique. Il s’agit de l’ensemble des structures cérébrales impliquées dans l’humeur et les émotions. Ces hormones sont directement responsables de notre bien-être et de notre motivation pour nous dépasser physiquement et mentalement. Rattachez-vous à ces réalités physiologiques pour comprendre que votre corps vous remerciera réellement d’avoir pris un moment pour vous dépenser. Il est important de savoir que le sport augmente notre bonheur personnel, mais encore plus de comprendre pourquoi.

C’est parti !

Bonne lecture ! 🙃

LES HORMONES DU BONHEUR PRODUITES LORS DU SPORT

Lors de notre pratique sportive, notre cerveau produit en abondance deux hormones principales : l’endorphine et la dopamine.

Ces deux hormones ont un impact sur de nombreux facteurs psychologiques telle que notre motivation, notre sensation de bien-être, la diminution de notre stress et de notre sensation de fatigue lors de l’effort.

Bien-être grâce à notre production d’endorphine

Le complexe hypothalamo-hypophysaire, acteur clef de notre système limbique induit la production de l’endorphine.

complexe hypothalamo-hypophysaire - sport
Schéma du cerveau mettant en évidence le complexe hypothalamo-hypophysaire

L’endorphine a deux rôles majeurs :

  • Elle nous procure une sensation de bien-être.
  • Elle diminue notre sensation de douleur.

Comprenez donc qu’elle favorise notre pratique sportive. En effet, en nous envoyant un signal “agréable”, notre organisme essaye de nous faire comprendre que notre séance de sport nous est bénéfique !

Info : l’endorphine fait parti de la famille des “opiacés” comme … la morphine (synthétique) ! Vous comprenez donc tout de suite pourquoi elle agit aussi comme anti-douleur. En effet, les opiacés sont utilisés de manière curative (nous venons d’en parler), mais peuvent aussi devenir des psychotropes (opium). Les deux rôles (anti-douleur et plaisir) sont donc visibles.

La dopamine nous motive et nous fait du bien !

La dopamine est la deuxième hormone principale libérée lorsque nous forgeons nos biceps ! Elle est également produite dans notre système limbique. Plus particulièrement dans deux régions du mésencéphale appelées aire tegmentale ventrale (ATV) ainsi que dans la substancia nigra (voir schéma ci-dessous). Si vous avez du mal à localiser cette zone cérébrale, nous vous invitons vivement à télécharger notre e-book “Comprendre et Agir sur votre cerveau”, que vous trouverez en fin d’article !

Schéma du cerveau mettant en évidence l’aire tegmentale ventrale et la substancia nigra, lieu de production de la dopamine.

Tout comme l’endorphine, la dopamine agit sur notre plaisir ressenti lors de notre pratique sportive. L’augmentation de sa production se fait dès le début de notre séance. Mais pour qu’elle perdure, il est nécessaire de maintenir un niveau d’activité soutenu dans le temps. N’hésitez pas à faire des séances d’au moins une demi-heure afin que ses effets restent importants même une fois votre séance finie !

De plus, l’augmentation de notre production de dopamine nous motive à pratiquer une activité physique. En effet, elle instaure un phénomène de dépendance et nous permet de multiplier nos séances. En somme, plus vous pratiquez, plus vous aurez envie de pratiquer à nouveau ! Passé l’excitation de la première séance, il peut être compliqué de se motiver à poursuivre notre activité dans le temps.

Action conjointe de l’endorphine et de la dopamine

Comme vous l’aurez compris, le sport peut nous apporter un bien-être important grâce à l’augmentation de notre production d’endorphine et de dopamine. Ces deux hormones agissent sur un circuit qui est essentiel pour notre sensation de plaisir : le circuit de la récompense.

Ce circuit est un peu complexe mais retenez tout de même son schéma général de fonctionnement (schéma ci-dessous).

  • Lorsque l’on fait du sport, notre cerveau produit de l’endorphine.
  • Elle va permettre de diminuer la production d’une hormone appelée GABA.
  • En l’absence d’endorphine, le GABA va inhiber (annuler) la production de dopamine, ne permettant donc pas une sensation de bien-être. Vous comprendrez donc aisément, qu’en présence d’endorphine, la quantité de dopamine relâchée augmente.
from-slite

Sur le schéma ci-dessus, nous observons le neurone à endorphine qui induit une diminution de la production de GABA. Le GABA ne peut donc pas inhiber la production de dopamine.

À retenir : la dopamine est donc synthétisée grâce à la présence d’endorphine. Ces hormones vous plongent dans une sensation de bien-être particulièrement plaisante et motivante, à la fin de votre séance sportive !

DOPEZ VOS CAPACITÉS INTELLECTUELLES

Et non, nous ne parlons pas de Lance Amstrong ou autre cycliste dopé à l’EPO mais bien de booster vos capacités intellectuelles en vous bougeant !

Le sport ne sert pas seulement à éviter les maladies cardiovasculaires et montrer son corps sur Instagram. En effet, une pratique sportive régulière améliorera vos capacités cognitives.

Par conséquent, le sport permet d’améliorer ses performances dans des activités nécessitant concentration et vigilance telles que la conduite (Luque-Casado & al., 2013).

Selon la fondation canadienne Heart and Stroke, la pratique du sport aide également à “réfléchir mieux”. L’exercice physique serait même plus efficace qu’un exercice intellectuel pour entretenir son cerveau ! (Alan J. Gow & al., 2012)

David Moreau, chercheur en neurosciences décrit également dans un article pour le magazine Cerveau & Psycho qu’une activité sportive même modérée peut favoriser la neurogenèse et donc la plasticité cérébrale. Halte là le mythe du sportif sans neurones ! Il se peut que lorsque vous couriez, de nouveaux neurones se créent 🙃

Enfin, le sport permet de développer ses capacités cognitives. En effet, certaines activités sont exigeantes et ne nécessitent pas qu’une simple condition physique. Des habiletés psychomotrices importantes couplées à une intelligence spatiale sont requises. Faire de telles activités permet donc de les développer.

À retenir : Les études sont nombreuses et unanimes : faire du sport permet non seulement d’être en meilleure santé mais en plus de développer votre intelligence et vos capacités cognitives.
Si le bonheur ne vous suffit pas, pensez à vos neurones !

 

NOS PETITES TECHNIQUES POUR RESTER MOTIVÉ

Nous sommes globalement tous conscients des bienfaits du sport. Néanmoins, il est souvent très difficile de se motiver malgré cela.

Pourquoi ?

Blâmez votre cerveau

Dans une étude parue tout récemment, des chercheurs ont évalué grâce à l’EEG que la prise de décision d’un comportement actif demandait plus de ressources cérébrales que pour un comportement passif (B. Cheval & Al., 2018).

Cela fait écho à la théorie du moindre effort développée par Clark Leonard Hull (Hull, 1943). En effet, cette théorie très populaire stipule que notre cerveau préfèrera limiter au maximum l’effort fourni pour arriver à ses fins. Voilà donc d’où vous vient cette terrible flemme. Ces deux études nous montrent donc qu’il faut faire un véritable effort pour prendre la décision de faire une activité physique.

Une étude (mémoire de master) dirigée par K.Brinkmann et menée par A. Berger à l’université de Genève en 2017 propose de définir l’effet de récompense (dopamine + endorphines) comme limite à la théorie du moindre effort. La sécrétion de ces hormones et le bien-être associé pourrait en effet être une source de motivation suffisante pour se mettre au sport une bonne fois pour toutes.

5 astuces pour aller soulever la fonte !

  1. fixez vous des objectifs précis et chiffrés (exemple : je veux perdre/gagner tant en tant de séances). N’hésitez pas à aller jeter un oeil à notre article qui vous explique comment vous fixer des objectifs de manière efficiente !
  2. Inscrivez vous à une compétition ou un évènement local (course, compétition amicale, championnat). Ne sélectionnez pas quelque chose de trop ambitieux, mais le challenge vous motivera à vous surpasser (et cela fera naturellement un objectif à suivre, une pierre deux coups !)
  3. N’y allez pas seuls ! Allez-y avec un camarade aussi motivé que vous. Bien sûr l’idée est de ne pas choisir votre ami qui a tout le temps la flemme, sinon l’astuce sera contre-productive. Néanmoins, se bouger à deux est beaucoup plus facile que se bouger seul (et vous vous sentirez tellement coupable de laisser votre camarade seul au sport que vous vous forcerez à y aller même dans les moment les plus difficiles).
  4. Rappelez vous qu’une fois la routine instaurée, les choses deviennent plus facile (au niveau motivation du moins). Essayez donc de planifier vos séances plutôt que d’y aller une fois de temps en temps quand vous avez “le temps”.
  5. Gardez à l’esprit tous les bienfaits (hors de la litanie “mangerbouger”) que la séance aura sur vos capacités intellectuelles et bien sûr sur votre bien-être. Pensez long terme, faîtes vous du bien.

BIBLIOGRAPHIE

Cognitive Performance and Heart Rate Variability: The Influence of Fitness LevelLuque-Casado & al., 2013

Neuroprotective lifestyles and the aging brain Activity, atrophy, and white matter integrity – Alan J. Gow & al., 2012

Le sport rend plus intelligent – Cerveau & Psycho, article par D. Moreau, 2015

Intense Exercise Promotes Adult Hippocampal Neurogenesis But Not Spatial Discrimination – Ji H. So, Chao Huang & al. 2017

Avoiding sedentary behaviors requires more cortical resources than avoiding physical activity: An EEG study – Boris Cheval & Al., 2018

Principles of Behavior – Hull, 1943

L’entraînement à l’effort comme limite possible à la loi du moindre effort – A. Berger sous la direction de Kerstin Brinkmann, 2017

 


C’est tout pour aujourd’hui. Nous espérons que cet article vous motivera pour retourner faire du sport ! Nous vous rappelons que nous avons rédigé cet article dans le cadre de l’évènement inter-blogueurs de Sophie Aynaud. Voici donc un lien vers cet évènement :

Vous pouvez nous donner votre avis en commentaire ou simplement nous envoyer un message, nous nous ferons un plaisir de vous répondre ! Vous pouvez également nous contacter sur les réseaux sociaux :

Facebook
Twitter

Enfin, n’hésitez pas à partager si ça vous a plu ! A très vite pour de nouveaux articles.

Sarah & Nicolas

C'était cool, je partage :
  •   
  •   
  •   
  •   
  •   
  •  

Laisser un commentaire

Fermer le menu

Vous êtes libres de recevoir gratuitement notre E-book 

 "Comprendre et Agir sur son cerveau", n'hésitez pas !